Historique de l'École de l'air

Une histoire qui commence en 1925 ...

1925 : D’abord établi à Versailles, le Centre d’études de l’aéronautique devient par changement de dénomination l’École militaire et d’application de l’aéronautique.

1935 : L’École de l’air est créée en 1935, deux ans après l’Armée de l’air, et s’installe provisoirement dans l’aile des « Petites Écuries » du château de Versailles. Elle fait sienne la devise « Faire Face » du Capitaine Guynemer, prestigieux pilote de chasse tombé au combat en 1917, et qui donne son nom à la première promotion de l’École. Depuis, la tradition se perpétue, et chaque promotion porte le nom d’un «ancien» à la carrière exemplaire.

1937 : Création du bataillon de l’air 130 à Salon-de-Provence et arrivée des élèves de la troisième promotion de l’École de l’air.

 

 

1939/1945 : Au début de la guerre, l’École de l’air est sujette à des mutations.

1940 : Installation de l’École de l’air à Mérignac.

1941 : Installation de l’École de l’air à Collioure au Château des Templiers. Puis retour à Salon de la promotion «Lieutenant-colonel Dagnaux».

1942 : Les Allemands investissent la Base aérienne. L’École de l’air est à nouveau dispersée, son drapeau est caché dans le Massif Central, puis secrètement acheminé jusqu’à Marrakech où elle renaît officiellement.

1945 : Création du Centre d’enseignement supérieur aérien (CESA) à l’École militaire (Paris).

1946 : L’École de l’air, qui regroupe désormais l’École de l’air et l’École militaire de l’air, regagne la Base aérienne 701.

1953 : Création de l’École du commissariat de l’air.

1973 : Création du Cours spécial de l’École de l’air (CSEA).

1994 : Création du Cours spécial de formation des officiers (CSFO).

2002 : De juin 2002, avec l’arrivée des premiers personnels, jusqu’à la fin 2006, le Centre de recherche de l’Armée de l’air (CReA) s’est progressivement installé à Salon-de-Provence, au sein de l’École de l’air.

2006 : Création du Groupement des Écoles d’administration de l’Armée de l’air (GEAAA) regroupant :
° l’École des commissaires de l’air,
° l’École de gestion et d’administration de l’Armée de l’air.

2007 : S’inscrivant dans le cadre de la réforme AIR 2010 et en application des directives de la Direction des ressources humaines de l’Armée de l’air (DRH-AA), les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA), nouvelle appellation de l’ensemble des écoles implantées à Salon-de-Provence et à Paris, se voient confier la mission du continuum de formation des officiers, de l’entrée en école jusqu’à l’enseignement militaire supérieur.

Création du Centre d’enseignement militaire supérieur Air (CEMS Air) à l’École Militaire à Paris, qui reprend les missions de formation du Centre d’enseignement supérieur aérien.
Forte accentuation de l’ouverture à l’international.

2009 : Chaque élève effectue un séjour à l’étranger d’au moins deux mois durant l’ensemble de sa scolarité (stage d’enseignement par la recherche, stage de fin d’études, échanges de scolarité…).

L’École est qualifiée ERASMUS.

2010 : L’École de l’air fête ses 75 ans.
Ouverture de la formation au cursus IEP.

2011 : Intégration au groupe ISAE.

2012 : Arrivée des Cirrus SR 20 et SR22, en remplacement des TB 10 et 20, au CFAMI.

2013 : La Base-Écoles fête ses 75 ans d’implantation à Salon-de-Provence, ainsi que les 60 ans de la Patrouille de France.
Création et implantation de l’École des Commissaires des Armées (ECA).

2015 : Les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air reprennent leur nom originel d’École de l’air qui fête ses 80 ans.

2016 / 2018 : Conduite du projet de changement de statut de l'École de l'air en Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, avec statut dérogatoire de grand établissement (EPSCP).

Au terme de cette migration, l'École de l'air sera dotée d'une personnalité morale et d'une autonomie financière qui offriront une vraie amplitude dans sa stratégie de développement.

2019 : Par décret, l’École de l’air devient établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel constitué sous la forme d'un grand établissement dès le 1er janvier.

Traditions

Le parrain

GUYNEMER, Georges Marie Ludovic Jules

Pilote de chasse, as de guerre (1914-1918, 53 victoires), né le 24 décembre 1894 à Paris, mort au combat le 11 septembre 1917 à Poelkapelle (Belgique).

Né à Paris le 24 décembre 1894, Guynemer, gamin farceur, gringalet souvent malade, en tout cas éloigné de l’image du combattant, incarne l’aviateur de la Grande Guerre et symbolise surtout une formidable volonté. Avant René Fonck, il devient le premier As des As français de la première guerre mondiale, avec 53 victoires homologuées, avant de disparaître en « plein ciel de gloire ». Son parcours étonne tant par la brièveté de sa vie que par son intensité. Il obtient à quinze ans son baccalauréat avec mention.

A la déclaration de guerre, Georges Guynemer demande à s’engager dans l’aéronautique militaire mais il est réformé pour sa faible constitution physique. Il s’obstine et finit par être accepté comme élève mécanicien à l’école d’aviation de Pau en novembre 1914. Il obtient son brevet militaire à Avord le 26 avril 1915. Le 9 juin suivant, il est affecté à l’escadrille MS 3, véritable vivier d’as, commandé par le capitaine Brocard. Après des débuts laborieux où il s’attire les foudres de ce dernier qui veut le renvoyer, Guynemer se lie d’amitié avec Jules Védrines, vainqueur de la course Paris-Madrid en 1911. Celui-ci le prend sous son aile et va favoriser la métamorphose du gringalet maladroit en redoutable chasseur.

Le 19 juillet suivant, Guynemer, avec son mécanicien Guerder comme mitrailleur, abat son premier avion ennemi. La citation qui accompagne sa médaille militaire, le 21 juillet, révèle le vrai Guynemer, « un pilote plein d’entrain et d’audace, volontaire pour les missions les plus périlleuses ». Le jeune pilote doit ensuite patienter cinq mois avant d’obtenir sa deuxième victoire aérienne, le 5 décembre 1915, rapidement suivie de deux autres. En récompense, il reçoit la Légion d’honneur le 24 décembre et se voit citer comme « pilote de grande valeur, modèle de dévouement et de courage ».

 

Au printemps 1916, son escadrille est engagée au dessus de Verdun : Guynemer est gravement blessé lors d’un affrontement et doit attendre jusqu’au 18 mai suivant avant de reprendre une part active aux opérations. En six mois, il engrange vingt victoires supplémentaires. Le 31 décembre 1916, il est nommé lieutenant puis, le 18 février 1917, capitaine. Le 25 mai, il se distingue en abattant quatre avions ennemis dans la même journée. Le 11 juin, il est promu officier de la Légion d’honneur, sa citation loue « l’officier d’élite, pilote de combat aussi habile qu’audacieux [qui] a rendu au pays d’éclatants services, tant  par le nombre de ses victoires que par l’exemple quotidien de son ardeur toujours égale et de sa maîtrise toujours plus grande. Insouciant du danger, il est devenu pour l’ennemi, par la sûreté de ses méthodes et la précision de ses manœuvres, l’adversaire redoutable entre tous […] Par tous ses exploits, il contribue à exalter le courage et l’enthousiasme de ceux qui, dans les tranchées, sont les témoins de ses triomphes. ». Ce texte ne fait que traduire la réalité et souligner les qualités d’un pilote exceptionnel, qui totalise alors 45 victoires et 20 citations. Hélas, l’homme se fatigue, épuisé par l'enchaînement des vols menés sans équipement à haute altitude. Victime d’une dépression nerveuse, Guynemer doit se résoudre le 15 juillet 1917 à un séjour à l’hôpital. Mais l’envie de reprendre les commandes d’un avion est trop forte pour qu’il se décide à cette inaction : le 20 juillet, il réintègre son escadrille qui participe à l’offensive des Flandres. Le 20 août 1917, il obtient sa cinquante-troisième victoire puis se lance dans une spirale infernale : l’As multiplie les missions, accumule les heures de vol et les coups durs. Rien ne va plus pour Guynemer qui s’entête pourtant, bien décidé à arracher une nouvelle victoire. La raison lui dicte de s’arrêter, ses camarades aussi mais il passe outre et décolle le 11 septembre 1917 à 8 h 25 pour une patrouille menée avec le sous-lieutenant Bozon-Verduraz. Les deux hommes volent vers Ypres et prennent la direction de Poelkappelle quand Guynemer repère un biplace allemand. Il fait signe à son ailier de son intention d’attaquer ; à ce moment Bozon-Verduraz aperçoit une meute de chasseurs ennemis, dont il entreprend de détourner l’attention pour laisser à Guynemer le temps d’abattre sa cible. La diversion réussit mais, lorsque Bozon-Verduraz revient sur les lieux du duel aérien, il découvre un ciel vide. Il semble que le Vieux Charles, l’avion de Guynemer, se soit écrasé à 10 heures à proximité du cimetière de Poelkapelle, dans une zone située entre les lignes et soumise à de violents tirs d’artillerie. Au cours du combat, une balle aurait frappé Guynemer en pleine tête et tué net. Dépêchée sur place, une patrouille allemande du 204e régiment inspecte les débris et récupère la carte d’identité du pilote avant d’être prise sous un pilonnage intensif. Les Allemands se replient sans emporter le corps du pilote français : les obus dispersent alors les restes de l’aviateur et les débris de son avion.

Sources bibliographiques :
Association Patrimoine et Tradition des Écoles de l’air de Salon-de-Provence, 1935 : Des ailes aux Petites Ecuries, Marseille, Imprimerie Saint-Jacques, 2005.
MARCK, Bernard, Dictionnaire universel de l’aviation, Paris, Tallandier, 2005.
ROBINEAU, Lucien, Dir., Les Français du ciel : dictionnaire historique, Paris, Le cherche-midi, 2005.

Baptême dans le vent des hélices

Cette tradition est fort ancienne puisque la première promotion de l’École de l’air a reçu son baptême dans le vent des hélices au début de 1936 à Villacoublay.

Elle constitue la première prise de contact des nouveaux élèves avec les avions et leur rappelle la griserie du pilote, seul dans sa carlingue, le visage fouetté par le vent. Le déroulement de cette cérémonie est essentiel pour les jeunes élèves. C’est d’une part la première de leur carrière ; d’autre part, elle suscite chez eux l’espoir des plus anciens qui, respectant leur engagement avec un courage sublime, ont accompli leur devoir de façon exemplaire et bâti la renommée, le prestige et la gloire de leur École.

Baptême des promotions

Traditionnellement présidé par le ministre des Armées, cet événement de renom est le point d’orgue de l’année pour les élèves officiers.

Cette cérémonie débute, en général, au crépuscule du premier vendredi de juillet. Ce soir-là, la promotions d'élèves officiers de première année de l’École de l’air reçoivent pour nom celui de leur parrain. Les parrains des promotions sont des officiers morts en service aérien commandé ou morts au combat, reconnus pour leurs qualités morales, leurs valeurs ou encore leurs actes de courage. Ils représentent le modèle auquel chaque officier s’efforcera de ressembler. Ils sont des exemples pour les jeunes officiers.

Présentation au drapeau

Chaque nouvelle promotion de l'École de l'air est présentée au drapeau de son École à l'issue de la formation initiale.

La garde au drapeau est confiée pour un an aux élèves de la promotion.

Remise des poignards

Symbole de l’officier de l’Armée de l’air, le poignard est remis par un élève de la promotion précédente au cours d’une cérémonie sobre, solennelle et intimiste.

Le traditionnel repas réunissant les poussins et leurs aînés de 20 ans, qui suit la cérémonie, est l’occasion de célébrer l’entrée dans la nouvelle promotion, sous l’œil bienveillant et paternel des Anciens.